lundi 16 février 2009

LOISIRS ET DIVERTISSEMENTS

On appelle loisirs et Divertissements, l'activité que l'on effectue durant le temps dont on peut disposer en dehors de ses occupations habituelles.

Quand le travail a perdu tout son sens et qu’ainsi il a cessé de donner à la vie tout son sens, le loisir est-il vraiment à même de le remplacer et de combler le vide d’une activité devenue absurde ? Quand il n’y a plus de création dans le travail, quel sens peut donc avoir la re-création du loisir ? Si on a l’impression d’avoir perdu son temps pendant des heures dans une activité sans joie et sans plaisir ou trouver la joie consistant à rebondir dans une activité nouvelle de loisir pour régénérer l’esprit, " se changer les idées " ? Que se passe-t-il pour ce travailleur qui passe sa journée sur une chaîne, qui sort abruti de ses huit heures à répéter des gestes mécaniques ? Scénario très fréquent : il rentre chez lui fatigué nerveusement, fatigué d’ennui, sort ses pantoufles, prend un bock de bière, allume la télé, s’effondre dans un fauteuil et oublie tout en regardant des jeux, le match de foot, une série policière, bref se divertit après une journée grise pour se faire mousser et sortir de son écoeurement ordinaire.



Comment aurait-il envie de faire (créer) quelque chose puisqu’il n’a justement rien fait (créé) de sa journée ? La même torpeur qui assombrissait l’activité et lui ôtait tout son sens se retrouve dans un loisir qui n’a pas plus de sens. D’un bout à l’autre règne alors la passivité et l’ennui. Inversement, pour celui qui, content de sa journée de travail, s’est déjà récompensé de ce qu’il a fait, le loisir n’est évidemment pas une fuite parce qu’il n’y a rien à fuir pour s’étourdir. Celui là trouvera cent manières de se recréer dans le sport, la lecture, la peinture, la musique qui sait même, dans la mécanique, le jardinage ou les longues promenades en forêt. Celui-là seul se sentira vivre, le premier se sentira à peine survivre et c’est justement pourquoi il aura besoin d’émotion fortes, de divertissement, pour se sentir un peu exister.



Un esprit pleinement conscient, vivant et créatif n’a pas besoin de divertissement, mais il aura toujours besoin de loisir, car il est naturel que l’esprit ait besoin de changement. L’in-vestissement de la conscience est donc la seule manière d’obtenir une satisfaction authentique, la joie d’avoir créé, de s’être dépassé, d’avoir réussi à atteindre un sommet. Dans le divertissement, il n’y a pas de joie, il n’y a que du plaisir et au fond le plaisir reste toujours assez fade et laisse insatisfait. C’est pourquoi il traîne à sa suite l’ennui qui est justement le vide de la conscience, le manque du sens. Conséquence : un esprit pleinement conscient ne s’ennuie jamais. L’ennui est le symptôme d’une conscience malade qui manque d’investissement sérieux et profond.

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